QUI AIME L'URBANISME CONTEMPORAIN ?
Article paru
- dans la revue d'architecture Cyberarchi
- dans le journal AGORAVOX (1 million de lecteurs uniques par mois)
- dans le journal COZOP social reading.
Les blogs en parlent
Comme nous n'imaginons pas trop le président de Citroën rouler dans une vieille DS, alors que nous voyons constamment nos urbanistes les plus novateurs du moment se loger ou travailler dans les quartiers les plus anciens, nous aimerions bien savoir à qui plaisent les nouveaux quartiers s'ils ne séduisent déjà pas ceux qui les imaginent.
Si on leur pose la question certains nous assurent parfois qu'ils aiment vraiment tel ou tel endroit nouvellement créé, mais curieusement, ils n'y habitent pas. Et si nous interrogeons directement les habitants fraichement arrivés dans leur ZAC toute neuve et qui semblent contents, ils vous vantent le prêt immobilier avantageux qui leur a permis d'acquérir leur logement, ou bien la proximité des transports, mais jamais le charme du lieu. Il y a un problème. Qui aime l'urbanisme d'aujourd'hui ?
S'il ne plait à personne c'est qu'il est mauvais. Et puisqu'il est si mauvais alors qu'il nous semble si bon, si l'on veut sortir de toutes ces ZAC sans qualité et trouver de la véritable nouveauté, il faut cesser de penser ce que l'on pense et allez voir ce qui nous semble si mauvais. Descendons aux enfers de l'architecture, en aurez-vous le courage ?
Nous n'allons pas nous faire des amis, le Plessis-Robinson construit ex-nihilo et en neuf un morceau de ville dont l'architecture la plus avancée ne dépasse pas ici ..., disons le XIXème siècle pour faire court. Une architecture "à l'ancienne" ! Le pastiche est de rigueur.
source http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Plessis_maquette.jpg - licence Paternité – Partage des conditions initiales à l'identique v. 1.0
Pourquoi nous parlons-vous du Plessis-Robinson?
Nous nous penchons sur cette ville parce que si la véritable modernité est aujourd'hui de reprendre le vélo, de revenir au tramway et d'arrêter la clim, on peut légitimement se demander s'il ne faut pas faire la même chose en urbanisme et cesser d'aménager ces nouvelles Zac qui ne plaisent pas pour revenir aux anciennes solutions que l'on avait cru dépassées.
Le Plessis-Robinson constitue un modèle urbain français, à grande échelle, cohérent et complet de "New Urbanism", ce mouvement américain créé en réaction à la Charte d'Athènes moderniste, prônant de revenir à des quartiers d'architecture néo-traditionnelle où les activités domestiques quotidiennes s'effectuent dans un périmètre accessible à pied (nous simplifions) (1).
Le maire du Plessis-Robinson, Philippe Pemezec, se réclame de cette sensibilité qu'il a découvert après coup comme il le dit dans le livre qu'il a publié sur sa nouvelle ville ( Le titre "Bonheur de ville" http://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212538946/bonheur-de-ville ). Nous suivons sa pensée dans son livre: En accédant à la direction de la Mairie, il a chassé (électoralement s'entend) les communistes aux responsabilités de la ville depuis longtemps. Et parce que le communisme du XXème siècle représente à ses yeux une erreur de l'histoire, il l'étend aussi à l'architecture de cette époque. En poursuivant et déformant peut-être sa vision, il renie les architectures d'aujourd'hui nées au XXème siècle, comme les peuples ont abandonné les mouvements politiques communautaristes extrémistes du même siècle (stalinisme, maoïsme, fascisme, etc.). Elles en ont le même esprit et ont échouées comme ces derniers, alors pourquoi les garder ? Bref, le Plessis-Robinson liquide l'urbanisme contemporain.
Nous prêtons attention à cette ville parce que d'habitude, quand une municipalité refuse l'architecture contemporaine et veut du "local", elle obtient en général ça ...
... Bon.
Mais au Plessis-Robinson, le maire a fait construire ceci ...
Le chantier du Plessis-Robinson est immense. Il n'est aujourd'hui pas encore terminé mais déjà des rues entières sont livrées.
Le pittoresque est de rigueur. Les détails sont soignés, autant que le budget le permet.
S'il y a des endroits que ne renierait pas Walt Disney,...
... il y a aussi des lieux réellement doux.
A gauche de la photo, une entrée de parking presque invisible. Certains de ces immeubles sont des HLM. Si l'on n'est pas trop pointilleux sur certains détails, en plissant les yeux on pourra y tourner des films d'époque (mais laquelle?).
Le quartier quoique dense est agréable et abondamment végétalisé. Il n'y a pas de voiture.
Photo Coste-Orbach
Si si! Des colonnes grecques toutes neuves! Mais aussi un parc et son étang. De l'eau, Un architecte qui met de l'eau dans sa ville ne peut pas être entièrement mauvais.
Tout ceci est neuf. Riez si vous voulez, mais l'urbanisme, dans son style, est ici réellement bien fait. Dans son drôle de style.
Si le style d'architecture est une copie de l'ancien, les matériaux ne sont eux pas factices. Les bornes, les pavés sont en vrais granit (ou en grès). 20 % des bâtiments sont en pierre de taille, formant de vrais murs de 20 à 23 cm d'épaisseur. Les ardoises sont naturelles. Les tuiles sont petites comme celles d'autrefois. Les toitures sont omniprésentes. Il y a du PVC en façade mais les prestations ne sont pas bâclées.
On peut visiter le Plessis-Robinson en ricanant mais force est d'admettre que les espaces sont réussis (dans leur style). Sauf à certains endroits, ces pastiches sont plutôt bien faits. Il n'y a pas (trop) de ces frontons grecs prétentieux qui montrent à tous le cynisme de l'architecte flattant l'habitant. Au Plessis-Robinson, l'architecture est voulue simplement vernaculaire et l'est en effet, c'est déjà ça.
L'ensemble de l'opération a été initié par l'architecte du village très controversé de Port Grimaud, François Spoerry, aujourd'hui décédé, et dont Xavier Bohl était l'ancien chef d'agence.
Rencontre avec Xavier Bohl, architecte urbaniste du Plessis-Robinson. En voyant arriver cet homme souriant et plutôt bonhomme, je m'étais vaguement imaginé un homme fantasque avec queue de cheval, veste brillante et cravate claire. Oublions, l'homme est "normal". Il n'a pas réalisé les bâtiments (sauf quelques îlots, les plus "grecs", et l'horloge ! ), mais est chargé de la "cohérence" urbanistique entre les architectures des édifices.
D'emblée nos question sont très chaudes :
"Ce retour sur le passé, n'est-ce pas régressif ? " "Comment justifiez-vous ces pastiches ? " "Vous avez reproduit au Plessis-robinson des architectures d'un peu toutes les régions de France. Quelle différence avec Disneyland ? "
Surprise, il connaît tous les courants d'urbanisme et nous montre même sur la maquette un "îlot ouvert à la Porzamparc", qu'il s'est plu à composer avec des transparences entre les bâtiments, des promenades intérieures (mais revisité bien entendu, par son architecture).
Sa composition urbaine se réclame d'une "architecture douce". Elle est d'inspiration "classique" (c'est-à-dire grecque) : Perspectives. Ponctuation architecturale des moments forts de la ville. Échelle humaine. Une place doit être fermée comme une pièce d'un appartement, etc. Et les toits ? C'est l'architecture de l'Ile de France. Elle est fondamentale.
C'est dur nous le savons mais essayez d'oublier les toitures et regardez cette perspective :
La cité-jardin du XXI siècle est là ! Voici la séquence urbaine qu'affectionne particulièrement Xavier Bohl. Elle est pour lui complètement novatrice et s'il doit être jugé c'est sur ceci :
A gauche la rue et son front bâti de maisons accolées, puis de l'autre coté, les jardins, et encore une bande de jardins familiaux, et enfin des promenades, des bassins, des rivières et cours d'eau, réminiscence sans doute de Port-Grimaud. L'ensemble est un jardin public qui chemine au milieu de l'ilot: Le résidentiel est ouvert sur ce parc. L'architecte raconte son urbanisme comme similaire à un arbre, avec son tronc, ses branches, ses feuilles, ses nervures. Et pour une fois, pour une fois le construit correspond au discours, cela nous a fait plaisir, excusez-nous mais nous n'avions plus l'habitude. Tout est folklorique d'accord, mais nous demandons : quel urbanisme proposons-nous aujourd'hui en échange ?
Mais les pastiches d'architecture ? A chaque fois que nous l'interrogeons sur l'architecture, il répond sur l'urbanisme. Nous insistons impoliment : Pourquoi reconstruire de l'ancien ? Votre propre voiture ressemble-t-elle à un carrosse ? Sincère ou panneau, il ne défend pas son style d'architecture du passé en nous expliquant qu'elle correspond à la demande du marché, mais plus humblement parce qu'avec ce style de modénature il est "sûr que cela fonctionne". En architecture il ne se "sent pas capable d'inventer". Pressé par nos questions, il reconnaît lui-même qu'il aimerait faire "évoluer l'architecture" dont il va s'occuper dans les phases suivantes d'extension de la ville, mais qu'entend-il par là ?
Cette architecture est-elle post-moderniste ? Pour le savoir nous lisons à Xavier Bohl le passage du livre "Le langage de l'architecture post-moderne" de Charles Jencks traitant de Port Grimaud construit par François Spoerry (p95) :"Le plaisir d'arriver en voilier au pied de sa pelouse dans un village de pêcheurs provençal en béton armé. Il n'y a pas deux maisons pareilles et la diversité des expériences spatiales bat tous les équivalents modernistes. Port Grimaud est devenu le prototype des stations balnéaires méditerranéennes. Plusieurs variantes sont prévues pour l'extrême-orient... " ... qui ne verront jamais le jour. Il n'en construira finalement pas en extrême-orient mais en orient. Il ne veut pas être post-moderniste. Il trouve ce mouvement trop formel et n'aime de toute façon pas les "-iste" qui enferment.
Il se sent par contre plus proche du "New Urbanisme" même s'il trouve quand même ce courant trop américain, parce qu'il ne voit finalement moins de l'urbanisme aux Etats-unis, que du landscape.
Si on traite son architecture de "village de Schtroumpfs", cela l'énerve. Et de "Disneyland" ? Tout pareil, il se sent "insulté". Bon bon bon. Est-il passéiste? Mais non ! Le passé pour lui, c'est les tours et les barres des quartiers qu'il voit partout et a vu pousser dans sa jeunesse. Son architecture, c'est son demain.
On lui reproche de faire une architecture de décor. Ce dernier n'est pas pour lui un élément négatif de l'architecture. Il ne voit d'ailleurs pas de différence entre ses modénatures et l'architecture de Ricciotti par exemple, plaçant sur les façades de ses bâtiments une résille de branches métalliques. Il n'y voit qu'une différence de style. Dans les deux cas c'est de l'architecture de façade.
Si vous trouvez tout ceci ridicule nous vous invitons à comparer utilement cet urbanisme avec celui-là par exemple. Alors lequel préférez-vous ? Ou plutôt, où habitez-vous en ce moment ? Dans un quartier ancien ou contemporain ? Est-ce que vous voyez le problème ?
Une rue au Plessis-Robinson.
Vous comprenez maintenant le sens de notre article: il y a une vraie leçon au Plessis-Robinson, nous ne craignons pas de le dire : Si nous fermons les yeux un instant sur cette enfilade de copies de façades, mais en gardons un ouvert sur ses règles d'urbanisme, on perçoit une intéressante méthode de composition issue du passé (que ce dernier n'a d'ailleurs jamais formulé) : La variété. La variété des couleurs, des différence de hauteurs, des dimensions, des niveaux, des matériaux, des styles: ces idées sont bonnes: pourquoi ne les conserverions-nous pas encore maintenant? Alors oui vraiment, construisons des Plessis-Robinson, mais avec de l'architecture d'aujourd'hui !
Évidemment à la longue en arpentant les rues, cette variété devient monotone, parce que l'on sent quand même revenir les mêmes effets de couleur, de détails, de reliefs. C'est un peu tout le temps la même fenêtre, séjour ou chambre, un peu les mêmes toitures et le même enduit (même si les teintes varient). C'est inévitable: une même agence d'urbanisme ne peut pas se renouveler autant que la taille de cette nouvelle ville le réclame. C'est le problème du "cohérent". Un urbanisme "cohérent" supprime l'imprévu, l'imprévu vraiment imprévisible. Et l'ennui, comme le serpent de la Bible, réapparaît.
Coste-Orbach architectes
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NOTES
(1)
Deux liens pour approfondir sur le New Urbanism (anglais). Attention certaines images font mal. Nous vous avons prévenu.
http://www.newurbancommunities.com/newurban/
http://www.smartgrowthamerica.org/










12 commentaires. Pour commentez cliquer ici .:
oui, certaines images font mal !
Un bel objet architectural sans aucun soucis d'urbanité est réalisable mais l'inverse est tout aussi possible, comme ton billet l'illustre. On essaye d'exploiter cette seconde option actuellement en effectuant un travail de sensibilisation auprès des aménageurs, lotisseurs et/ou géomètres. En effet, si on ne peut pas vraiment faire grand chose afin d'améliorer la qualité architecturale dans les lotissements, on peut tenter d'y imprimer un tant soit peu d'urbanité : offre pour une mixité générationelle, mixité des fonctions, dessertes par les TP, maillage de réseaux de transports doux, d'espaces verts, etc etc ...
Quand l'architecte-urbaniste n'a pas la commande du bâti, il peut au moins agir au stade de l'urbanisme. Ta démonstration brillante laisse un goût amer car dans le cas présent l'architecte a la maîtise des deux, luxe rare aujourd'hui ... et ce qu'il en fait en tant qu'architecte est douloureux ... il n'empêche que cette réalisation a un fort pouvoir didactique et reconnaître la qualité d'un espace public quelque soit " l'architecture " qui construit cet espace public permet à l'urbaniste de convaincre là où l'architecte n'a pas accès. D'ailleurs les cités jardins, hormis celle de Bourgeois à Bruxelles, ne brillent pas pas leur intérêt architectural, mais pas leurs espaces publics de qualité.
Tout à fait d'accord Archiaddict, il y a en plus sur place quantité de détails urbains qui sont d'une réelle qualité et que les photos ne montrent pas. Par exemple, le maire a supprimé tous les panneaux publicitaires qui font ressembler les villes à des magasins de télévision. Si tu peux, essaye de visiter le Plessis. Tu ne le regretteras pas.
Cordialement
Vraiment super article !
Je vais mettre un mot sur mon blog pour le signaler.
Merci de ton enthousiasme Benoît. :-)
En lisant votre article, je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé à cette citation:
"L'architecture naît à partir d'un dialogue permanent entre la forme et l'usage, entre la matière et l'esprit."
Giancarlo de Carlo
A l'occasion j'irai visiter ce coin, vu que je ne le connais pas bien. Je lui trouve une certaine ressemblance avec toujours dans l'ouest parisien , la ville de Saint-Quentin en Yvelines, certains éléments notamment les colonnes corinthiennes, les couleurs, finalement pas mal de détails mais appartenant à une génération plus ancienne.
@ Détails,
Le Plessis est un pastiche, ce qui pose quand même le problème du manque de vision d'une société qui se recopie.
Mais par contre, à la différence de l'exemple sur votre blog (dont je recommande en incidente la lecture à tous, puisque ce que vous écrivez, je ne l'ai jamais lu nulle part, et c'est vraiment étonnant), les édifice du Plessis reproduisent l'architecture d'Ile de France, et non pas celle d'un autre pays.
Votre article est très intéressant, mais certaines considérations soulèvent en moi des questions supplémentaires. Le débat "c'est nouveau"/"c'est régressif" intéresse les amateurs d'architecture comme nous, qui rencontrons plus de plaisir intellectuel à découvrir Paris Rive Gauche que des pastiches comme le quartier haussmannien d'Ivry (je n'ai pas encore vu le Plessis). Peut-être trouverais-je moi-même ridicule ce "Disneyland" du Plessis, parce que j'ai quelques notions d'histoire de l'architecture, parce que j'habite justement (par choix) dans un immeuble qui était lors de sa construction à la pointe de la modernité. Mais est-ce si important ?
L'architecture et l'urbanisme, n'est-ce pas d'abord des fondamentaux ? Selon votre article, le quartier semble bien fait, il favorise une bonne densité, il emploie des matériaux de qualité. Les circulations sont-elles bien conçues ? L'urbanisme et l'architecture y sont-ils propices à l'installation de commerces, de lieux de rencontre, d'établissements qui, in fine, déterminent réellement la qualité de vie pour les habitants ? Les critères environnementaux sont-ils respectés ?
Si la réponse à ces questions est "oui", si ce quartier apporte une qualité de vie à ses habitants sans nuire à l'aménagement de la région (par exemple, il ne "mite" pas des étendues qui pourraient être utilisées de manière plus efficace), le reste n'est-il pas secondaire ?
Sachant bien entendu que l'architecte-urbaniste ne fait qu'une partie du travail ; la société, l'économie déterminent eux aussi la réussite du vivre-ensemble...
thbz,
Non le reste ne nous semble pas du tout secondaire. L'urbanisme du Plessis répond à beaucoup de "fondamentaux" comme vous dites, et c'est déjà beaucoup, surtout en comparaison avec les autres types d'urbanismes.
Ce n'est pas tant l'urbanisme que l'architecture qui nous gêne : vous le ressentiriez bien si vous alliez acheter une voiture et que l'on vous en proposait une qui marche très bien mais qui ressemblerait à un carrosse : Vous auriez du mal à l'utiliser. Nous devons faire des choses que nous ayons plaisir à regarder, qui "ait de la gueule".
PS J'aime beaucoup votre blog.
Merci de votre intervention
Voila vers quoi il faut aller..."toujours les mêmes enduits qui se répètent..." cela me fait sourire car en architecture moderne c'est toujours la même tour qui se répète ou la même barre...toujours le même béton gris ou peint en blanc...allez au Havre, à Abbeville ou à Amiens...villes où de grands architectes ont sévit ! A Amiens où je vis Pierre Dufau nous a construit toujours les mêmes batiments avec toujours la même brique standardisée identique d'un bout à l'autre de la ville, quant à Perret et son expérience de la tour de la gare et son quartier, toujours le même béton identique comme au Havre...alors il est sans doute mal venu de critiquer les enduits au Plessis...La monotonie est ici à Amiens, à Abbeville ou au Havre pas au Plessis ! Quant à savoir si Amiens est une belle ville et si on aime y habiter ? et bien non ! cette ville n'a plus aucun lyrisme, on se croirait dans une cité dortoir, des immeubles de ZUP cotoies ce qui reste du Vieil Amiens, c'est laid, répétitif, froid et oppressant ! Je ne suis pas le seul à penser cela tous les amiènois pensent la même chose concernant cette architecture de Dufau ou de Perret...bref j'envie les gens du Plessis...
Le terme "pastiche" utilisé pour décrier n'est pas celui que j'utiliserai car il n'y a pas de honte à construire ce qui plait, ce qui marche et a fait ses preuves depuis des siècles, réaliser une architecture et un urbanisme plaisant qui rendent les gens heureux c'est bien la le principal ; on ne devrait donc plus construire pour essayer et mettre en pratique des idées farfelues comme a pu le faire Perret pour Amiens avec sa tour en béton armé...ou encore pour le Havre
Dans un point de vue didactique, le maire du Plessis-Robinson a fait le choix le plus intéressante: en voulant marquer une rupture totale avec l'architecture du XX siècle, a reconstruit un morceau de ville du XIX siècle et a démontré qu'elle est tout à fait adaptée aux exigences d'aujourd'hui. La rigueur avec qui il a appliqué les techniques anciennes, et le refus de tous compromis avec la modernité, restent cohérents avec son choix. Des concessions à la modernité (façades en verre, béton armé, moins de décorations...) auront sans doute affaibli sa proposition.
@ Ville-nouvelle,
Nous savions déjà qu'une ville du XIXème siècle est déjà adaptée aux exigences d'aujourd'hui puisque celles qui existent encore maintenant sont très appréciées et fonctionnent.
Je pense cependant qu'un mélange de différents type d'architecture auraient apporté un plus au PLessis.
Je découvre votre site, que je ne connaissais pas. Vos sujets d'article m'intéressent beaucoup, je vais les lire, et vous suivre. Hop ! Je le mets dans mon agrégateur.
Vos articles m'étonnent : dans ce monde désormais dominé par "la pensée unique arsenalienne", gare à qui expose aussi librement des idées que certains pourraient qualifier de réac! Je suis vraiment heureuse que des architectes s'expriment sur le Plessis! Le silence des architectes sur cette forme de ville me semblait assez lourd. Désolée d'avoir découvert votre blog si tard... mais je ne résiste pas à l'envie de vous exprimer mes idées/observations, donc voici :
Première idée sur le Plessis : ce qui pèche dans cet ensemble, c'est bien l'architecture et non l'urbanisme. Une architecture volontairement passéiste qui colle à l'imaginaire collectif. Au fond, le problème c'est bien qu'en France, l'architecture n'est pas grand chose sauf pour les architectes. Qui a entendu parler d'architecture à l'école? Comment sont dessinées les maisons dans les livres pour enfants?
Autre idée: notre époque n'est-elle pas en manque d'une "théorie de l'architecture", ce qui fait que l'architecture actuelle oscille d'un extrême (mouvement moderne) à l'autre (retour nostalgique à l'architecture classique). Dernière idée: l'urbanisme moderne a négligé la place de l'homme et du végétal dans la ville au profit des nouvelles technologies liées aux nouvelles formes de déplacement. Cet urbanisme du Plessis me semble manifeste de l'opposition à cet urbanisme moderne, une tentative de retour à ce qu'était la ville autrefois. Nous n'avons pas encore assimilé et dépassé le mouvement moderne. Et je crois que le débat sur les tours cristallise ce moment de notre histoire. Il pose la question suivante : quelle est l'alternative? : Les tours ou les schtroumph? Difficile de répondre en deux mots, mais je crois beaucoup à l'entrée de la donnée "écologie". Au fond, les écoquartiers hollandais (ou même Friebourg en Allemagne) proposent un urbanisme à la Plessis-Robinson allié à une architecture contemporaine de qualité. Pourquoi pas en France?
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